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11 mai 2026
Courir un marathon : est-ce possible pour tous ?
À chaque édition du Marathon de Paris, dont la récente édition du 12 avril 2026 a compté près de 58 880 participants, le constat est frappant : près d’un participant sur deux (49 %) s’élance pour la première fois sur les 42,195 km. Si l’engouement pour le running est indéniable, une question subsiste : devenir marathonien est-il un rêve accessible à tous ?Interrogé par franceinfo.fr, Guillaume Millet, chercheur à l’université Jean Monnet de Saint-Étienne, affirme : "L'entraînement paie toujours, tout le monde va s'améliorer sur les paramètres dits 'aérobie', c'est-à-dire l'endurance, la consommation maximale d'oxygène. (...) Mais à l'intérieur des êtres humains, certains sont plus endurants que d'autres. Il faut s'entraîner, on ne peut pas se lancer sur un marathon et encore moins sur un 100 km sans être préparé. Mais oui, je suis persuadé que tout le monde peut y arriver."Pour le prouver, son projet « 0 to 100 » prépare 40 sédentaires non-sportifs (20 hommes et 20 femmes) à terminer un ultra-trail de 100 km d'ici 2027.  Après avoir passé une batterie de tests médicaux, le programme prévoit 18 mois de préparation pour sécuriser les organismes, avec coach à distance et trois week-end d’entraînement collectif.Le défi ne repose pas uniquement sur le cardio : le corps doit aussi s’adapter progressivement au niveau des tendons et des os. L’étude souligne que si l'endurance s'améliore chez chacun, la technique est cruciale : éviter  par exemple de gaspiller de l'énergie en étant trop crispés, de s’habiller trop chaud, la chaleur pénalisant fortement l’organisme. Sur le terrain, le taux d’abandon au Marathon de Paris reste faible (3 %). Selon l’organisation, ces abandons sont rarement liés à de graves blessures, mais plutôt à des difficultés comme des crampes, des tendinites ou des problèmes digestifs. Le mental joue également un rôle important.En résumé, beaucoup de personnes peuvent courir un marathon, si elles se préparent bien. La question reste ouverte : jusqu’où le corps peut-il aller ? L’expérience en cours à Saint-Étienne devrait apporter des réponses.