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Monde
01 avril 2026
Les livreurs de repas, des travailleurs très précaires
Médecins du Monde a publié hier une enquête menée auprès de 1000 livreurs à Paris et Bordeaux, mettant en lumière la précarité du travail dans les plateformes de livraison de repas comme Deliveroo ou Uber Eats. Selon l’étude, ces travailleurs accumulent en moyenne 63 heures de travail hebdomadaire pour un revenu mensuel brut de 1480 euros.Un rythme épuisant qui entraîne douleurs chroniques, troubles du sommeil, anxiété, dépression. Beaucoup de livreurs renoncent à se soigner, faute de couverture médicale ou de moyens suffisants. Plus de la moitié déclarent avoir déjà eu un accident dans le cadre de leur travail.Par ailleurs, la quasi-totalité de ces travailleurs sont nés à l'étranger et plus de la moitié sont sans titre de séjour, ce qui les expose davantage aux contrôles policiers, aux discriminations et aux violences.Les plateformes contestent ces conclusions, jugeant l'échantillon non représentatif ou mettant en avant leurs dispositifs d'assurance et de rémunération.Ces travailleurs indépendants ne sont-ils pas en réalité des salariés déguisés ? Des tribunaux français ont déjà condamné certaines plateformes pour travail dissimulé, et une directive européenne de 2024 impose aux États membres de mieux protéger les 5,5 millions de travailleurs concernés.

