À la Une
Monde
15 avril 2026
Sauter, grimper, s’adapter : l’esprit du parkour
Peut-être avez-vous déjà vu des personnes sauter du toit d’un immeuble à un autre, franchir de nombreux obstacles en milieu urbain ? Peut-être cela vous rappelle-t-il le film Yamakasi (2001) ou encore le jeu vidéo Assassin’s Creed ? Il s’agit du parkour (ou « PK »). C’est une discipline sportive, mais aussi une philosophie du mouvement.Le parkour consiste à se déplacer d’un point A à un point B en franchissant des obstacles : murs, rampes, escaliers ou toits deviennent autant d’éléments à contourner ou à traverser. Née en banlieue française à la fin du 20e siècle, sous l’impulsion de David Belle, acteur, cascadeur et sportif français qui a joué l’un des rôles principaux dans Banlieue 13 (2004), le parkour trouve son origine dans l’entraînement militaire et les parcours du combattant, inspirés par les méthodes de Georges Hébert lors de la Première guerre mondiale, qui prônait une pratique sportive naturelle.Le parkour ne se résume pas à effectuer des figures acrobatiques spectaculaires : il vise l’efficacité. Chaque mouvement (saut, escalade ou roulade) est calculé pour économiser de l’énergie et réduire les risques de blessure. Cette approche le distingue d’autres pratiques comme le « free running » (course libre), davantage tourné vers l’esthétique.Sur le plan physique, il mobilise la force, l’endurance, la souplesse et la coordination. Les pratiquants, appelés « traceurs » ou « traceuses », doivent être précis et contrôler leur équilibre, et enchaîner les mouvements de façon fluide. Sur le plan mental, il demande concentration, gestion fine du stress et évaluation constante des risques.Le parkour est pratiqué dans le monde entier, intégré dans des compétitions, des spectacles ou des formations professionnelles. Toutefois, certains pratiquants dénoncent cette institutionnalisation, estimant qu’elle trahit l’esprit originel de liberté et d’adaptation. En effet, au-delà de la performance physique, le parkour réinterroge l’espace public : pour qui est-il conçu ? Qui domine l’espace urbain ? Comment et avec quel regard l’investir et/ou le perturber ?Pour beaucoup de pratiquants, les objectifs du parkour visent à développer une autonomie face à l’environnement, en apprenant à s’adapter à toutes les situations, à gagner en confiance en soi et de transformer la perception de l’espace urbain. Celui-ci devient alors un terrain d’expression plutôt qu’un cadre contraignant.

