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29 mai 2026
À revoir - Fête des mères et des pères : histoire et débats actuels
Traduit par Vincent Thomas (en partenariat avec Vice&Versa)Des traditions américainesEn 1870, la poétesse et militante féministe américaine Julia Ward Howe publie un texte intitulé « L’Appel à la féminité du monde entier ». Dans celui-ci, elle propose aux femmes de s’unir pour la paix après la Guerre civile aux États-Unis et la guerre entre la France et la Prusse. Ce texte sera aussi renommé « Proclamation de la fête des mères » et en 1872, Julia Ward Howe réclame que le 2 juin devienne une « fête des mères pour la paix ». Cela ne prend pas tout de suite dans l’opinion au niveau national, elle organise cependant chaque année des festivités à Boston.Ce n’est qu’en 1908 que le concept est repris, avec succès cette fois, par la militante Anna Jarvis. Elle devient la fondatrice officielle de la fête des mères aux États-Unis : la création d’une telle fête était un souhait de la mère d’Anna Jarvis. Celle-ci l’a exaucé quelques années après la mort de sa mère et l’a fixée au jour de son décès, le deuxième dimanche de mai, date qui perdure jusqu’à aujourd’hui. La fête des pères est aussi née aux États-Unis. C’est une femme, Sonora Smart Dodd, qui en a eu l’idée : son père a élevé seul six enfants, suite au décès de sa femme, elle lance la première fête des pères, le 19 juin 1910, pour lui rendre hommage. Le concept est ensuite repris par les présidents américains et fixé au troisième dimanche de juin.En France, les mères fêtées par le régime de VichyEn France, la fête des Mères a été créée par Pétain, sous le régime de Vichy, le 25 mai 1941. L’objectif est alors de célébrer les mères au foyer, qui cuisinent, font le ménage, se dédient totalement à la vie domestique et familiale, respectant l’autorité du mari. Dès cette époque, il est demandé aux enfants d’offrir des fleurs ou des dessins à leurs mères. Cette fête fait partie d’une politique familialiste plus large, qui promeut les familles nombreuses et la soumission des femmes. Des médailles sont ainsi distribuées aux femmes ayant beaucoup d’enfants. Après la guerre, la fête des mères perdure, elle est même officialisée par la loi du 24 mai 1950. Le général De Gaulle la fixe au dernier dimanche de mai. Elle devient alors une fête commerciale. La fête des pères, quant à elle, apparaît deux ans plus tard, en 1952, à des fins directement commerciales : elle est lancée par une marque de briquets, Flaminaire. Il en est de même pour la fête des grands-mères, en 1987, lancée par le café Grand’Mère. Aujourd’hui, des propositions pour renouveler ces fêtesDepuis l’adoption du mariage pour tous en 2013, les critiques, déjà existantes, vis-à-vis de ces deux fêtes, ont pris de l’ampleur dans le débat public : en effet, certaines familles (homoparentales, monoparentales, parent décédé…), ne comptent pas de père ou de mère, ou peuvent être constituées de deux mères ou deux pères.Le risque est, pour certains enfants, de se sentir stigmatisés à l’école quand il s’agit de faire les cadeaux en classe. Des mères lesbiennes témoignent ainsi avoir reçu un cadeau de fête des pères, par exemple. Des enfants dont le père est absent de leur vie, ont pu se sentir blessés également ; de même que des orphelins.À l’initiative de parents, souvent, des établissements scolaires ont donc peu à peu décidé de regrouper ces deux fêtes pour n’en faire qu’une seule et s’adapter ainsi aux différentes situations familiales : « fête des parents », « fête de la famille » ou encore « fête des personnes que l’on aime ».

