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Pi sourd
30 septembre 2026
Interprètes en LSF : la question de Jean-Luc Reichmann fait polémique
À quoi servent les interprètes en langue des signes à la télé ? C’est le sujet d’une polémique née sur les réseaux sociaux.Emmanuel Macron était interviewé jeudi dernier sur TF1 et France 2, interview traduite en LSF. Quelques temps après, Jean-Luc Reichmann, comédien et animateur de l'émission Les 12 coups de midi sur TF1, publie sur Instagram et Facebook une vidéo où il s'interroge sur la présence d'interprètes, puisque, dit-il, « toutes les émissions sont sous-titrées » et que « les sourds savent lire ». À en juger par les commentaires d'entendants sous sa vidéo, il n'est pas le seul à se poser la question.Le post a suscité de nombreuses réactions indignées de sourds. Beaucoup rappellent que pour les sourds signants, la LSF est une langue naturelle, quand le français reste une langue seconde. Suivre un débat en LSF y est donc plus facile qu'en lisant des sous-titres. Perçue en direct, dans son canal naturel, gestuel et visuel, la LSF se reçoit aussi fluidement qu'un entendant écoute une voix.Plusieurs internautes estiment aussi que le sous-titrage comporte davantage de décalages et d'erreurs comparé à la LSF lors d'une traduction en direct, alors que tout le monde devrait pouvoir accéder à l'information au même moment. D'autres évoquent un système éducatif inadapté et une privation langagière qui ont longtemps empêché de nombreux sourds d'avoir une compréhension fluide du français, rendant nécessaire l'accès à l'information en LSF. Un commentaire demande à l’animateur de revoir ses préjugés et de se renseigner sur l’histoire des sourds. Certains lui demandent d’écouter les personnes concernées et de ne pas parler à leur place.Paradoxalement, plusieurs internautes rappellent son engagement en faveur du sous-titrage, lié à sa sœur sourde, qui communique oralement. Dans une interview à Yahoo Actualités en 2023, il déclare s'être battu, à la fin des années 90, à l'époque où il animait Les Z'amours sur France 2, pour que les émissions de jeux et de divertissement soient sous-titrées.L’important est de ne pas réduire les sourds au seul handicap, mais de les reconnaître comme une communauté linguistique et culturelle, et de considérer la LSF non comme un simple outil d’accessibilité, mais comme la langue naturelle d’une partie des sourds.À ce jour, Jean-Luc Reichmann n’a pas réagi à la polémique. Nous avons tenté de le contacter pour recueillir sa réaction, sans succès.À travers cette vidéo, nous l’invitons ainsi à aller à la rencontre de la communauté sourde signante et à découvrir sa culture.

