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03 novembre 2026
Inass Touloub : un procès pour comprendre sa mort
En 1987, la découverte d’une fillette de 4 ans morte au bord de l’autoroute A10 bouleverse la France entière.Trente-neuf ans plus tard, le procès de ses parents s’est ouvert lundi 2 novembre devant la cour d’assises du Loir-et-Cher, à Blois. Sa mère, Halima El Bakhti, est accusée de torture et d’actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Son père, Ahmed Touloub, est poursuivi pour complicité. Tous deux encourent la réclusion criminelle à perpétuité.Le 11 août 1987, deux agents d’entretien découvrent le corps d’une fillette enveloppé dans une couverture bleue, au bord de l’A10 près de Suèvres (41). Il porte des traces de coups, morsures et brûlures. Surnommée « la martyre de l'A10 », la fillette n’a pas pu être identifiée malgré un vaste dispositif d’appel à témoins diffusé dans plus de 30 pays.Deux décisions de non-lieu, en 1991 et 1997, interrompent les recherches. En 2017, les progrès en génétique d'investigation permettent d’identifier l’ADN d’un frère de la fillette, enregistré à la suite d’une bagarre, et ainsi de déterminer l’identité de cette dernière : Inass Touloub, née le 3 juillet 1983 à Casablanca. Les parents sont interpellés en juin 2018 et rejettent la responsabilité de sa mort.Lors de l’enquête, sa mère reconnaît lui avoir donné des coups, mais nie l’avoir mordue. Les médecins légistes ont pourtant relevé 27 traces de morsures compatibles avec la dentition d’une femme adulte. Son père affirme avoir été témoin des violences sans intervenir, par peur de son épouse et de perdre la garde des autres enfants. Il dit avoir découvert Inass inanimée chez eux et avoir décidé de partir précipitamment au Maroc avec toute la famille. Les parents abandonnent alors leur fille sur le bord de la route.Le couple a eu sept enfants, dont Inass, la troisième. Les deux aînées se souviennent de leur sœur, mais leurs parents leur auraient interdit d’en parler après sa disparition. Les plus jeunes ont découvert son existence pendant l’enquête. Les enfants décrivent une mère dont l’affection se mêlait à de la violence. Après plusieurs recours, la Cour de cassation a validé en septembre 2024 les chefs d’accusation, ouvrant la voie à ce procès très attendu.Le premier jour du procès marque une étape importante pour les proches et les habitants de Suèvres, mobilisés depuis des décennies pour préserver la mémoire d’Inass. Les six frères et sœurs, ainsi que plusieurs associations représentant Inass, se sont constitués parties civiles. Le procès se poursuivra jusqu’au 18 novembre.