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Monde
07 octobre 2026
Mobilisation des lycéens : quelles sont leurs revendications ?
Entre 256 000 et 450 000 personnes ont manifesté hier dans toute la France dans le cadre du mouvement de protestation lycéen. Revenons un instant sur les revendications du mouvement.Les lycéens protestent tout d’abord contre des journées à rallonge, de 8h à 18h parfois, des emplois du temps mal faits, morcelés, et demandent une réforme. Ces emplois du temps découlent de la réforme de 2019, qui a supprimé les filières L, ES et S pour les remplacer par des spécialités, complexifiant leur élaboration.Autre problème dénoncé : les classes surchargées avec 30,5 élèves en moyenne par classe, des professeurs non-remplacés et un trop faible taux d’encadrement, notamment en banlieue. L’Union syndicale lycéenne (USL) réclame un plan d’embauche de professeurs, d’infirmières et de psychologues scolaires et une vraie reconnaissance du métier d’AESH. Pour comprendre pourquoi les remplacements de professeurs sont compliqués, voir notre actualité d’hier.Les lycéens demandent aussi un plan d’urgence pour le bâti afin de rendre leurs conditions d’études « viables et dignes ». L'Alliance écologique et sociale estime que 20 à 30 % des bâtiments scolaires sont vétustes et inadaptés au changement climatique. L'association des Régions de France, qui représente les collectivités en charge des lycées, rappelle que l’importante réduction de leurs dépenses qui leur est demandée dans le projet de budget 2027 pourrait rendre difficile le financement de travaux.Enfin, Parcoursup est très critiqué, accusé de manquer de transparence et d’équité. Selon le comité éthique et scientifique de la plateforme, les critères de sélection et de refus sont encore trop flous. Cette opacité nourrit le stress, les incompréhensions et les soupçons. D’autre part, les écarts d’accès à l’enseignement supérieur restent marqués selon le niveau scolaire, l’origine sociale et le territoire. Globalement, une étude sociologique de l’université de Tours pointe une dégradation des conditions d’études des lycéens qui a un effet sur leur santé, en particulier leur santé mentale.Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé hier l’organisation d’un « temps de démocratie interne » avec les élèves dans chaque établissement entre aujourd’hui et vendredi. Dimanche, il avait annoncé cinq chantiers prioritaires : le remplacement des absences longues et des postes vacants, un plan d'urgence pour les locaux, une meilleure organisation des emplois du temps, plus de transparence sur Parcoursup et une consultation des élèves, familles et personnels jusqu'au 16 octobre.Mais l'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante semblent peu convaincus et appellent à poursuivre les actions.

