À la Une
Pi sourd
22 octobre 2026
Lycéens sourds sans parcours bilingue, l’APES 75 en colère
Dimanche 18 octobre dernier, l’APES 75, (Association des parents d'enfants sourds de Paris) a publié une lettre ouverte ciblant l’Éducation nationale.Extrait vidéoCe cri de colère survient alors que de nombreux lycéens se mobilisent à travers le pays depuis plusieurs jours. Mais pour certains élèves sourds parisiens, la situation est spécifique : quatre ans après l'ouverture du seul dispositif bilingue LSF/français écrit de Paris au collège Victor Hugo, l’APES 75 dénonce l’absence de continuité du parcours bilingue au lycée. Depuis la rentrée, quelques jeunes entrés en seconde doivent désormais poursuivre leur scolarité dans des conditions précaires, sans bénéficier d’un enseignement adapté à leurs besoins. Pour comprendre les enjeux de cette mobilisation et le quotidien des élèves sourds, nous avons interrogé Ronit Laquerriere-Leven, co-présidente de l'APES 75 avec Myriam Brion. Pourquoi publier cette lettre aujourd'hui ? Quelles réponses attend l’APES 75 de l’Éducation nationale ? InterviewLe PEJS (Pôle d’enseignement pour les jeunes sourds), dispositif réglementé par la circulaire n° 2017-011 du 3 février 2017, impose à chaque académie un parcours continu bilingue LSF/français écrit, de la maternelle au lycée (général ou professionnel), en regroupant dans un secteur géographique donné les ressources nécessaires à l’accompagnement des élèves pour éviter leur isolement et garantir un enseignement en LSF.Parmi les jeunes touchés par cette situation, Bettie-Mae, entrée en seconde cette année et seule élève sourde de son lycée, poursuit sa scolarité, avec un accompagnement qui ne correspond pas au parcours bilingue prévu. Elle nous raconte son quotidien depuis la rentrée, accompagnée de trois d’AESH qui font office d’interface de communication : elles interprètent, sans être diplômées du master d’interprète.InterviewNous avons également demandé au rectorat de l’Académie de Paris comment elle compte assurer la continuité du parcours bilingue prévu par la circulaire de 2017 et quelles solutions sont envisagées pour ces élèves. À l’heure où nous publions cet article, le rectorat n’a pas encore répondu à nos questions. Nous mettrons cet article à jour dès que nous aurons reçu un retour.Nous avons enfin demandé à Ronit Laquerriere-Leven quelles démarches sont envisagées par l’APES 75 si aucune solution n’est apportée.InterviewCette situation rappelle celle de « Lumière », une collégienne sourde de 13 ans dans le Calvados, qui avait dû employer le mot « suicide » pour alerter sur ses conditions de scolarisation en milieu ordinaire. Les situations sont différentes, une même question revient néanmoins : pourquoi des élèves sourds doivent-ils encore se battre pour obtenir un enseignement adapté à leurs besoins ?

