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11 juin 2026
À revoir - Le dilemme des injonctions : faire un régime ou aimer son corps tel qu'il est ?
Traduit par Vincent Thomas (en partenariat avec Vice&Versa)Les régimes ont toujours rempli les pages des magazines féminins à l’approche de l’été. Mais avec les réseaux sociaux, les injonctions liées au corps se sont démultipliées. Ainsi que la recherche d’autres voies, moins délétères physiquement et psychologiquement. Sur TikTok, des challenges minceur dangereuxÀ l’approche de l’été 2022, une nouvelle mode particulièrement inquiétante faisait des émules parmi les jeunes femmes sur TikTok : promouvant l’extrême minceur, un challenge consistait à montrer qu’on avait la taille tellement fine qu’on pouvait en faire deux fois le tour avec le fil de ses écouteurs. Très rapidement, ce défi a cumulé plus d’un million et demi de vues à travers le monde. Quelques mois plus tard, c’était un autre challenge qui inquiétait les médecins : se mettre en scène en train de s’injecter de l’Ozempic, un médicament normalement destiné aux diabétiques, détourné ici afin de perdre de poids car il permet de couper la faim. Mais ce médicament peut causer d’importants problèmes de santé : pancréatite, cancer, insuffisance rénale...Si les dangers de la maigreur sont documentés depuis longtemps et que les troubles du comportement alimentaire sont un fléau qui touche près d’un million de personnes en France, dont 60 0000 jeunes (femmes, surtout), on peut s’étonner que les plateformes laissent se développer ces défis. Toutefois, même quand ces dernières ajoutent des messages de prévention ou bloquent des hashtags (comme TikTok l’a fait à propos du challenge des écouteurs), les utilisateurs contournent les interdictions et trouvent d’autres solutions pour séduire les jeunes. « Body-positive », « body-neutrality », apprendre à s’aimer ou à se concentrer sur sa santéMais les réseaux sociaux sont aussi le lieu où se développent des mouvements critiques de cette course à la soi-disant perfection corporelle. C’est le cas du « body-positive », qui prône l’égale valeur de toutes les morphologies, de tous les corps, et remet ainsi en question les normes de beauté dominantes. Cela se traduit par le fait de poster des photos de soi avec ses défauts, sans filtre. Et même de célébrer ces « imperfections », avec fierté. Mais le body-positive a aussi sa part d’injonctions : aimer son corps quel qu’il soit, s’affranchir de ses complexes peut devenir une pression, d’autant que dans les publicités et sur les réseaux, les normes de beauté bougent difficilement. C’est pourquoi se développe aujourd’hui la tendance du « body-neutrality », qui critique l’injonction à s’aimer et à être heureuse dans son corps en permanence. L’idée de ce nouveau courant, c’est de se détacher du physique, de la notion de beauté, pour mettre le corps en retrait. Cela peut être par exemple en se concentrant davantage sur le fait d’être en bonne santé ou sur nos capacités physiques, sur ce que notre corps est capable d’accomplir. C’est aussi accepter de se situer dans un entre-deux : parler de ses complexes tout en disant qu’il n’est pas forcément facile de s’aimer.

