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Monde
08 juillet 2026
Marine Le Pen condamnée, mais candidate à la présidentielle
La cour d'appel de Paris a rendu hier son verdict dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national, devenu Rassemblement national. Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée, a été condamnée pour détournement de fonds publics à trois ans de prison, dont un an ferme aménageable sous bracelet électronique, 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, et à une amende de 100 000 euros.Les faits, survenus entre 2004 et 2016, concernent un système qui a permis de faire financer par le Parlement européen des assistants parlementaires travaillant en réalité pour le parti. Onze autres prévenus, ainsi que le RN en tant que personne morale, ont également été condamnés.En première instance, Marine Le Pen avait écopé de quatre ans d'emprisonnement dont deux fermes et de cinq ans d'inéligibilité assortis d'une exécution immédiate. La cour justifie cet allègement de peine par l'absence d'enrichissement personnel de Marine Le Pen, estimant aussi que l'exécution de la peine depuis mars 2025 avait déjà réparé l'atteinte portée à la probité, au regard des garanties fondamentales du citoyen et de la liberté des candidatures. La partie ferme de sa peine d'inéligibilité, ramenée à 15 mois, est donc considérée comme purgée, ce qui la rend éligible à la présidentielle de 2027. Dans la soirée, Marine Le Pen a confirmé sa candidature et annoncé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine de prison ferme, lui évitant pour l'instant le bracelet électronique. Elle mise donc sur les délais habituels de la Cour de cassation, compris entre huit mois et un an. En cas de confirmation de la condamnation, le dossier serait transmis à un juge de l'application des peines, qui dispose de quatre mois pour organiser l'exécution de la sanction.Mais quelle que soit la date à laquelle le juge d'application des peines rend sa décision, si Marine Le Pen est élue présidente de la République, la peine sera suspendue le temps de son mandat en vertu de l’immunité présidentielle, prévue par la Constitution. Après l’annonce de cette candidature, le secrétaire général des Républicains, Othman Nasrou, a accusé Marine Le Pen de prendre la démocratie en otage. La secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier et le secrétaire général du PS Olivier Faure ont dénoncé le manque de moralité et de crédibilité de Marine Le Pen. Enfin, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal a estimé qu'une personnalité condamnée deux fois à de la prison ferme ne devrait pas se présenter sans s'interroger sur la dimension morale d'un tel choix.