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Pi sourd
01 octobre 2026
« Vu sur le web » : « Siren: The Voices of Shelley Beattie », le destin brisé de Shelley
Siren : the voices of Shelley Beattie, documentaire sorti le 22 septembre 2026 aux États-Unis et le lendemain en France sur HBO Max et Canal+, raconte l’histoire vraie et bouleversante de Shelley Beattie. Devenue sourde à la suite d’une intoxication médicamenteuse accidentelle quand elle avait deux ans, elle est devenue une immense star du sport des années 90 : championne de culturisme, icône connue sous le nom de « Siren » dans le jeu télévisé American Gladiators, une émission où des athlètes professionnels affrontaient des candidats dans des épreuves physiques. Mais derrière les muscles et la célébrité se cachaient de sombres combats qui l’ont amenée à se suicider en 2008. Souffrant de bipolarité et d’addiction, elle luttait contre ses démons avec l’aide de ses dessins. Shelley était perdue, isolée et se sentait profondément incomprise par son entourage et le monde entendants. Le film lève le voile sans tabou sur cette souffrance intime.VidéoLe film est réalisé par Irene Taylor, une réalisatrice Coda déjà reconnue pour ses documentaires sensibles sur les personnes en situation de handicap ou en difficulté, comme Je suis : Céline Dion (Prime Video). L’actrice sourde Marlee Matlin produit et présente ce documentaire. Devenue la première personne sourde à recevoir un Oscar en 1987, elle se bat depuis toujours pour la visibilité des personnes sourdes. L'année dernière sortait Marlee Matlin: Not Alone Anymore, un film consacré à son parcours hors du commun. Aujourd'hui, elle rend hommage à Shelley, dont les épreuves résonnent fortement avec son propre vécu.Chose intéressante sur le documentaire : le Deaf Gaze (« regard sourd »). Alors que les intervenants entendants continuent de parler en voix off avec sous-titrage pendant que défilent des images d'archives ou d’autres visuels, le film applique une règle stricte pour les personnes sourdes : lorsqu’une personne signe, elle reste obligatoirement à l'écran, accompagnée uniquement de musique, ses propos signés ne sont pas interrompus par des images. Ce contraste fort oblige le spectateur entendant à poser son regard, à écouter visuellement et à ressentir pleinement la langue des signes et le monde tel que Shelley le vivait.Une version intégrale en ASL existe également (HBO Max et Canal+), avec une interprétation réalisée par Angela « AV » Vilavong qui avait traduit les clips de Céline Dion, et dirigée par le réalisateur sourd Justin Jackerson.Ce documentaire fort et touchant sort enfin Shelley Beattie de l’ombre, tout en nous faisant vivre une vraie expérience à travers ses yeux. À voir absolument.

