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Monde
03 février 2026
Budget 2026 adopté après l’échec des motions de censure
Après des mois d’incertitudes politiques et de débats tendus, « la France s’est enfin dotée d’un budget » pour 2026, s’est réjoui le Premier ministre Sébastien Lecornu. Lundi 2 février, les deux motions de censure déposées à l’Assemblée nationale ont été rejetées, permettant l’adoption définitive du projet de loi de finances.Engagé par le gouvernement au moyen de l’article 49.3 de la Constitution, qui permet l’adoption d’un texte sans vote de l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances pour 2026 a donné lieu à plusieurs motions de censure au fil de la procédure, voir notre article pour plus de détails. Les deux dernières, examinées lundi, n’ont pas réuni la majorité requise de 289 voix. Celle portée par la gauche hors Parti socialiste a recueilli 260 voix, tandis que celle déposée par le Rassemblement national et ses alliés de l’UDR n’en a obtenu que 135. Leur rejet entérine l’adoption définitive du budget, qui devra encore être examiné par le Conseil constitutionnel avant sa promulgation.Nommé Premier ministre en septembre 2025, après la démission de François Bayrou, dans un contexte d’absence de majorité à l’Assemblée nationale depuis la dissolution de 2024, Sébastien Lecornu signe une victoire politique et évite une nouvelle phase d’instabilité.Le budget 2026 conserve pour l’essentiel la structure du texte initial défendu par le gouvernement. Aucune hausse d’impôt n’est prévue pour les ménages, et l’exécutif assume une politique de réduction des dépenses publiques, se traduisant par une baisse des crédits pour de nombreux ministères et un effort demandé aux collectivités territoriales. Certains budgets sont toutefois préservés ou renforcés, en particulier celui des Armées, qui bénéficie d’une augmentation marquée.Afin d’éviter que le Parti socialiste ne vote les motions de censure et ne contribue à la chute du gouvernement, celui-ci a consenti plusieurs concessions, parmi lesquelles le maintien de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, la revalorisation de la prime d’activité, l’annulation de la suppression de certains postes dans l’Éducation nationale et plusieurs mesures en faveur des étudiants.Politiquement, le vote sur les motions de censure a mis en lumière une fracture nette à gauche. La France insoumise a acté la fin de toute alliance avec le Parti socialiste, à l’approche des élections municipales de mars.Désormais, le gouvernement et le Parlement peuvent enfin se tourner vers les prochains chantiers : logement, fraude sociale et fiscale, fin de vie, agriculture ou encore décentralisation. Des thèmes jugés plus consensuels, mais à gérer avec une Assemblée nationale toujours sans majorité stable.

