À la Une
Monde
19 mai 2026
Impact de l’IA sur l’emploi : quels sont les métiers menacés et préservés ?
L’intelligence artificielle transforme déjà le monde du travail. Traduction, rédaction, analyse de données, assistance informatique : des tâches autrefois réalisées uniquement par des humains sont désormais automatisées en quelques secondes. Mais quels métiers sont réellement menacés ? Et lesquels devraient résister à cette révolution technologique ?Selon plusieurs études publiées ces dernières années, les professions les plus exposées sont surtout les métiers à forte composante cognitive et numérique. Une étude de la Coface et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents, publiée en avril 2026, estime qu’environ 16 % des emplois français, soit près de 5 millions de postes, pourraient être automatisés d’ici la fin de la décennie, quand l’IA dite « agentique » (capable de prendre des décisions autonomes, comme gérer automatiquement une chaîne d’approvisionnement, organiser un voyage complet) arrivera prochainement sur le marché.  Contrairement aux précédentes innovations technologiques, comme l’informatique ou Internet, qui avaient surtout automatisé des tâches manuelles ou répétitives, l’IA menace aujourd’hui davantage certains métiers intellectuels et qualifiés. Axelle Arquié, économiste et cofondatrice de l’Observatoire, explique que les métiers liés au traitement de l’information et au travail sur support numérique sont particulièrement menacés. Les secteurs du droit, de la finance, de l’informatique, du conseil, l’édition et la presse figurent parmi les plus exposés.Anthropic, l’un des principaux concurrents d’OpenAI, arrive à des conclusions similaires dans une analyse publiée en mars 2026. L’entreprise estime que les programmeurs informatiques, les représentants du service client ou certains métiers administratifs sont parmi les plus touchés par l’automatisation. Son dirigeant, Dario Amodei, déclarait déjà en 2025 que l’IA pourrait supprimer la moitié des emplois de cols blancs débutants dans les prochaines années.À l’inverse, les métiers manuels ou nécessitant une interaction humaine restent beaucoup plus difficiles à remplacer. Une étude de Microsoft publiée en 2025 montre que les couvreurs, plombiers, aides-soignants, cuisiniers, mécaniciens, masseurs ou encore éducateurs spécialisés figurent parmi les professions les moins exposées. Ces métiers demandent des gestes physiques complexes, de l’adaptation et du contact humain, des éléments encore difficiles à reproduire pour l’IA.Plusieurs économistes rappellent toutefois que les grandes révolutions technologiques ont souvent supprimé certains métiers tout en en créant de nouveaux. Le développement de l’IA pourrait ainsi faire émerger de nouvelles professions liées à la cybersécurité, à la supervision des systèmes automatisés, la vérification des contenus. Cette évolution pourrait aussi renforcer la valeur des activités proprement humaines, comme les métiers artistiques, artisanaux ou relationnels, où la créativité, l’émotion et le contact humain restent essentiels. L’enjeu principal sera donc l’adaptation du marché du travail : formation, évolution des compétences et accompagnement des salariés face à ces bouleversements.